Philippe Sachet, activateur de projets culturels et artistiques

Retour sur un parcours engagé, varié, en cela qu’il m’a permis d’exercer mon métier, mes métiers pourrais-je dire, dans des conditions différentes, souvent difficiles, toujours éclairantes.

Du droit et des sciences politiques au journalisme et à la communication

Après une licence en droit, une maîtrise, et un DEA de sciences politiques obtenu en 1987 à l’université Paris X Nanterre, je travaille comme journaliste (Elle Décoration, Moto revue, Jeune Afrique, La Lettre de la décentralisation, …) et intègre durant quatre ans l’agence de communication corporate STRATIS en tant que consultant et responsable éditorial et technique de publications d’entreprises publiques et privées (Air Liquide, BRGM, Philips, Services du premier ministre/Matignon, …). Cette immersion de plus de quatre années dans le monde de l’entreprise m’amènera à porter une attention renouvelée à la nécessité de faire coïncider périmètres financiers, humains et ambitions des projets pour rendre ces derniers efficients.

Philippe Sachet

Recentrage sur le secteur culturel

A partir de 1992, je souhaite me recentrer sur le secteur culturel et suis les formations proposées par l’AGECIF. S’ensuivent plusieurs missions menées auprès d’agence artistique (Les Visiteurs du soir dirigée par Olivier Gluzman) ou de structure de production (Sik-Sik fondée par Agnès Troly et Jérôme Descamps).

A partir de là, mon parcours sera marqué par 3 expériences fondatrices, 3 étapes marquantes. Si l’on tentait de dégager un fil rouge, je mentionnerais mon goût pour la médiation et la création d’espaces de rencontres entre élus, artistes, œuvres, habitants et territoires. Je me qualifie volontiers de « marieur » !

Mon parcours en détail

Première étape, en 1993, je crée le bureau de production Had Hok et amorce un compagnonnage avec des metteurs en scène de théâtre : Sylvain Maurice (Compagnie Ultime & co), Jean-Luc Revol (Théâtre du Caramel fou) et Jacques David (Théâtre de l’Erre). Durant huit années, partenaire privilégié et permanent, je les accompagne dans la fabrication et la mise en circulation de leurs œuvres. Ce sera pour moi la confrontation aux exigences de la création, notamment dans le cadre de résidences, au monde de la diffusion, et à celui de la formation.

La Merise, trappes

En 2001, après huit années dédiées à l’accompagnement de la création théâtrale, je rejoins, comme administrateur, puis rapidement comme directeur, la Merise et le Grenier à sel situés à Trappes, une des 7 communes qui composent Saint-Quentin-en-Yvelines.

Dans ce contexte, je mets en place une programmation pluridisciplinaire (2 salles, 900 et 200 places), marquée par une importante composante musicale à laquelle je propose rapidement d’ajouter une composante cirque qui marquera l’identité du lieu. A cela s’ajoute une orientation jeunesse forte, en lien direct avec la sociologie du territoire, concrétisée par une programmation jeune public et jeunesse conséquente, mais surtout par le Festival Banlieues’arts.

Avec cette manifestation pionnière en son domaine, je fais l’expérience de l’Education artistique à grande échelle, 50 ateliers de 60 heures chacun menés par des artistes créateurs, auxquels s’ajoutent une demi douzaine d’options théâtre et cinéma et l’animation départementale des dispositifs d’éducation à l’image (Ecole et Cinéma).

Itinéraire BisEn 2009, tenté par une autre vie, je gagne les Côtes d’Armor pour réaliser la fusion de deux associations départementales. L’une, l’addm22, intervient alors principalement comme organisme ressource pour le compte du Conseil général en matière de musiques, danse et théâtre. L’autre, l’Oddc met en œuvre des actions de diffusion. Le pari est de taille : un projet culturel et artistique à concevoir et à mettre en place à l’échelle du département, une fusion à réaliser, à la fois juridique, fiscale et budgétaire. Fusion humaine surtout des 29 salariés concernés qui sera réalisée sur la base du nouveau projet, me permettant à cette occasion d’approfondir les questions liées à la direction et à l’animation d’équipe, à la gestion administrative et financière. Issue de cette fusion, nait Itinéraires Bis.

Itinéraires Bis, c’est la rencontre avec les territoires ruraux, leurs spécificités et leurs exigences. Le festival Objectif 373, lancé dès 2010, travaille à un rééquilibrage de l’offre territoriale, par le biais d’une programmation en décentralisation bâtie en partenariat avec des partenaires culturels issus des 373 communes que comptent les Côtes d’Armor.

C’est également la réaffirmation de l’importance du travail de médiation, principalement en direction de la jeunesse, avec une saison et un festival (Pas Sages) qui reposent sur une politique de résidences in situ menées auprès des jeunes, sur temps scolaire et plus largement.

C’est la confirmation de l’utilité d’un projet partagé pour « emmener » un territoire et ses habitants, de dépasser le seul cadre culturel en associant dès l’amont l’ensemble des partenaires concernés : arts et culture, éducation nationale, jeunesse, tourisme, économie, sciences, …

C’est aussi l’expertise apportée par l’association auprès du département en matière d’enseignements spécialisés musique, danse, théâtre pour la mise en place des schémas départementaux, et le portage direct du projet départemental de formation (PdF).

Ce sont enfin les arts plastiques à travers le Centre d’art intégré au projet d’Itinéraires Bis, la Galerie du Dourven qui développe un travail de création in situ sur le modèle des centres d’art.

En 2017, je décide de franchir les frontières pour rencontrer des acteurs de la construction européenne au quotidien, programmateurs, artistes, responsables politiques, membres des réseaux professionnels. Pour ce faire, je participe à l’Atelier Mobile proposé par l’équipe de la Belle Ouvrage, structure d’appui aux professionnels du secteur culturel (RH) qui m’avait accompagné dans la fusion des équipes au sein d’Itinéraires Bis.

La Compagnie AlexandreEn 2017 également, concrétisation d’un désir partagé de travailler ensemble, la jeune metteure en scène et comédienne Lena Paugam et moi-même créons la compagnie Alexandre. Ce nouvel outil de travail affirme une triple vocation : porter des créations, permettre un travail de recherche et assurer des actions de formation, tant au sein d’équipements spécialisés que dans l’espace public, naturel patrimonial ou urbain.

Ce parcours de « généraliste » s’avère un atout dans le contexte présent. C’est la possibilité de mobiliser de multiples compétences et expériences pour porter un regard « nouveau » sur un secteur qui évolue en profondeur, débordant largement l’art et la culture : recomposition des territoires, diminution des financements publics, transition numérique, pluralisme culturel, demande accrue de participation ou encore essor de l’économie collaborative et créative.

Contact

philippe.sachet.passages@gmail.com
Tél : +33 (0) 6 11 46 28 29